Ce que dit le texte
Le dispositif Éco Énergie Tertiaire impose une réduction de la consommation d'énergie finale de −40 % en 2030, −50 % en 2040, −60 % en 2050 — par rapport à une année de référence que l'assujetti choisit librement : n'importe quelle année pleine d'exploitation à partir de 2010, justificatifs à l'appui. (Une méthode alternative en valeur absolue existe ; pour la plupart des bâtiments anciens, la méthode relative reste la plus pertinente.)
La logique : partir de haut pour viser juste
Puisque l'objectif est un pourcentage de réduction, plus l'année de référence est énergivore, plus la cible 2030 est atteignable. Les bons candidats sont donc les années où le bâtiment a beaucoup consommé pour de bonnes raisons :
- Année froide — un hiver rigoureux gonfle légitimement le chauffage ;
- Occupation maximale — avant une baisse d'effectifs ou une réorganisation ;
- Avant toute amélioration — si vous avez changé une chaudière en 2018, une référence antérieure intègre l'ancien équipement.
La méthode en quatre étapes
- 1. Reconstituer l'historique de consommation de chaque bâtiment assujetti, toutes énergies, sur les années disponibles depuis 2010.
- 2. Corriger du climat (DJU) pour comparer les années entre elles à conditions égales.
- 3. Simuler la cible 2030 pour chaque année candidate, et mesurer l'écart avec la consommation actuelle.
- 4. Documenter le choix et le déclarer sur OPERAT avec ses justificatifs.
Cet exercice fait partie de notre audit énergétique standard : il précède le chiffrage des travaux, parce qu'il dimensionne l'effort réel à financer. Sur un patrimoine communal type, il change la conversation — on ne parle plus de « tout rénover », mais d'un bouquet ciblé qui atteint la cible.
